CINÉ-CLUB : Medea de Pier Paolo Pasolini (1969) mardi 9 février à 18h au CDI2
APouchot | 2 février 2010À la fois critique, romancier, poète et réalisateur, il s’oppose à toutes les institutions et fera entendre jusqu’à sa mort sa voix, libre et passionnée.
Ses premiers romans, en rupture avec la littérature issue de la seconde guerre mondiale, mettent en scène de jeunes adolescents exlus dans les banlieues de Rome (Les Ragazzi,Une Vie violente) .
Il fait ses premiers pas dans le cinéma en participant aux scénarios de cinéastes déjà reconnus comme Fellini ( “Les Nuits de Cabiria” , “La dolce Vita”) ou Bolognini (“Marisa, la civetta “)
Il débute comme réalisateur en tournant des films dont l’inspiration néoréaliste est déjà tempérée par une dimension mystique et sacrée qui parcourera son oeuvre (“Accatone”, “Mama Roma”)
Il revisite ensuite les grands mythes fondateurs de la culture occidentale : ce sera “L’Évangile selon Saint-Mathieu”, “Medea”, “Oedipe-Roi” . Il tourne aussi un film, “Théorème”, dans lequel un Ange vient bouleverser la vie d’une famille bourgeoise coventionnelle.
Viendra ensuite une trilogie inspirée de grands textes érotiques : “Le Décaméron” d’après Boccace, “Les Contes de Cantorbéry” d’après Chaucer et “Les Mille et une Nuits”. Ce seront des succès critiques et publics (films récompensés aux festivals de Berlin et de Cannes).
Son dernier film, qui sortira après son assassinat, prend le contrepied de cette trilogie, hymne à la vie : c’est une adaptation de Sade qui se déroule dans les derniers jours du régime fasciste de Mussolini (“Salò ou les 120 jours de Sodome”).
- pas question de recréer une Grèce Antique : c’est à un mélange de cultures qu’il nous convie.
Il tourne en Syrie, Turquie et Italie, les costumes et la musique s’inspirent des traditions africaines et asiatiques. - Médée est une figure emblématique d’un monde dominé par les Dieux, les rituels, qui s’oppose Jason représentant la civilisation grecque rationnelle.
Mais chacun des deux est fasciné par l’autre ; cette contradiction ne pourra que déboucher sur la Tragédie.
Sur la forme, le film comporte peu de dialogues, et laisse une place esentielle à l’imagination.
Le monde antique de Médée est tout en mouvement alors que celui sans Dieux de Jason est filmé en plans souvent fixes.
Enfin il faut souligner la présence de Maria Callas dans le rôle de Médée. C’est la seule apparition de la grande soprano du siècle dernier au cinéma alors que sa carrière de cantatrice, qui a révolutionné l’art de l’opéra, est sur le déclin.
André POUCHOT








